« Oblique Trajectories » ou la fascination quasi obsédante d’un artiste avec les systèmes de mesures

Un retour dans le temps s’installe à la Galerie d’art de Burnaby, elle-même une ancienne maison accueillante au beau milieu de Burnaby. Oblique Trajectories, est une rétrospective mesurée (1965–2007) de l’artiste engagé de la côte ouest Gary Lee-Nova des années 60 et 70.

Pour certains, le titre Oblique Trajectories peut sembler déroutant et pourtant, l’explication en est très simple. « C’est le titre de Gary », déclare Jennifer Cane, la conservatrice du musée.

L’artiste Gary Lee-Nova, souligne-t-elle, n’a pas suivi une carrière d’artiste linéaire. « Il m’a expliqué que ses domaines d’intérêt ont beaucoup changé ces cinquante dernières années. Mais il revient toujours explorer certaines thématiques que nous avons isolées pour cette exposition », ajoute-elle.

Les trois thèmes centraux de l’exposition sont les systèmes de couleurs, les systèmes de mesure et les systèmes de langue. Mme Cane a beaucoup travaillé avec l’artiste pour offrir au public une exposition à thème qui non seulement rassemble de l’art de M. Lee-Nova à différents moments de sa longue carrière d’artiste mais qui est aussi très agréable visuellement.

« Nous avons des dessins, des gravures, des médias numériques. Nous avons toutes sortes de sculptures en verre et en bois et aussi des peintures à grande échelle pour lesquelles Gary est bien connu », dit Madame Cane.

Photo de la Burnaby Art Gallery

La mesure de nos jours
Out to Metric est la plus grande de toutes les œuvres et se trouve directement devant l’entrée de la salle d’exposition. Cette grande sculpture est faite entièrement d’anciennes règles du système impérial et s’inspire de la conversion au Canada du système impérial à un nouveau système de mesure, le métrique. Ce changement intéresse profondément l’artiste parce que beaucoup des objets que nous utilisons aujourd’hui peuvent être rendus inutiles d’un moment à l’autre. Mais plus précisément, cela révèle immédiatement au public la fascination de l’artiste avec les mesures.

Jennifer Cane théorise que cet envoûtement avec les mesures lui proviendrait de son père : « Il était mathématicien et ceci a beaucoup influencé ses intérêts avec les mesures. Cela fait quinze ans qu’il utilise l’ancienne règle de charpentier de son père qu’il a scannée pour créer des œuvres numériques ».

L’exposition contient aussi la collection personnelle de règles de M. Lee-Nova, y compris l’ancienne règle de son père. Il est clair que la précision est omniprésente dans le travail de l’artiste.

M. Lee-Nova est aussi très connu pour ses peintures sur des toiles en formes différentes qui sont incluses dans la thématique des systèmes de couleurs.

« Gary adore les pyramides, il trouve qu’elles tiennent une valeur très ancienne et il essaye de les incorporer dans son art quand il le peut », partage la conservatrice. Il adore l’arc-en-ciel, qu’il appelle le spectre des sept couleurs, et se sert de cette gamme de couleurs très souvent. Une qualité particulière de ses œuvres est d’utiliser l’arc-en-ciel, les dégradés de couleurs et les pyramides pour créer des illusions optiques dans son art pour essayer de produire un effet mental sur son public. Les systèmes de couleurs produisent des œuvres très intéressantes et interactives pour le public.

Radio City par Gary Lee-Nova. | Photo de la Burnaby Art Gallery

Les systèmes de langue et l’art
Comment peut-on incorporer les systèmes de langage dans une exposition ? D’après Mme Cane : « Là où la langue apparaît le plus, c’est dans une section qui est consacrée à la bande dessinée Nancy ». Cette bande dessinée a un format très simple qui contient une petite blague. L’artiste a commencé à travailler avec Nancy lorsqu’il n’avait pas beaucoup d’argent parce que ces BD n’étaient pas très chères. « Gary utilise ces bandes dessinées dans ses collages et c’est une manière pour lui de travailler avec la langue en tant que système et de manipuler la façon dont nous donnons un sens au monde par la langue », explique Jennifer Cane.

Oblique Trajectories est l’aboutissement d’une préparation qui a duré plus de quatre ans. « Mme Cane a fait un merveilleux travail, je crois que la curation de mon art n’est rien de moins qu’un chef-d’œuvre », remarque l’artiste.

Selon lui, la conservatrice a compris ce qui allait le mieux ensemble visuellement sans essayer de créer une chronologie.

Le public peut se rendre à la Burnaby Art Gallery sur rendez-vous et est invité à écouter une conversation entre Gary Lee-Nova et Jennifer Cane sur YouTube.

Pour plus d’information visitez le :
www.burnaby.ca/Things-To-Do/Arts-and-Heritage/Burnaby-Art-Gallery.html

www.youtube.com/watch ?v=D4SkFyNMGqI

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