L’impressionnisme métamorphose l’encre de Chine

Tant par le choix de couleurs intenses que par la finesse du tracé à l’encre de Chine qui les nourrissent, les tableaux de Tinyan Chan surprennent par leur style unique et leur expressivité.

Exposées du 1er au 22 mai 2021 dans le cadre de l’exposition A Place to Call Home à l’International Arts Gallery de Vancouver, les œuvres de l’artiste font dialoguer l’influence des impressionnistes français avec la philosophie et le génie des peintres-calligraphes chinois.

Une approche transformée

Arrivé en France en 1967 afin de poursuivre ses études d’art à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, M. Chan est marqué par les nombreuses œuvres exposées dans les galeries et musées parisiens dont il ne se lasse pas.

«  Les œuvres des maîtres ont été une grande source d’inspiration pour le jeune homme que j’étais. Leur maîtrise de la couleur et son utilisation étaient si extrêmes  », raconte l’artiste.

Spring Splendour, 178 x 96 cm, acrylic on rice paper. | Photo de l’International Arts Gallery

C’est aussi l’approche très différente des artistes français qui ouvre à M. Chan une nouvelle voie pour développer son art et son propre style.

«  En Asie, la peinture a toujours été basée sur le libre cours de la pensée. Lorsque vous observez une scène ou un objet, vous avez un sentiment dans votre esprit, ou lorsque vous lisez un poème, vous avez une inspiration, puis vous terminez une belle œuvre dans l’atelier. Les maîtres parisiens ont peint ce qu’ils voyaient avec leurs yeux…  », explique-t-il.

M. Chan a été particulièrement sensible aux œuvres de Claude Monet, maître de l’impressionnisme, célèbre pour avoir dépeint l’influence de l’éclairage sur un même paysage et le sentiment qu’il renvoie au spectateur, mais aussi pour transformer un jardin en une scène quasiment abstraite où le ressenti des couleurs et les sentiments effacent peu à peu les contours des fleurs et estompent la réalité de la scène observée.

Paysage familier

Tout comme Monet aimait se recueillir dans son jardin de Giverny, M. Chan apprécie également le calme de son jardin et la beauté verdoyante de la Colombie-Britannique, sa nouvelle maison. Il a, comme le peintre impressionniste, utilisé cette étude de paysage familier pour magnifier et dépasser la beauté florale de son propre jardin : Dans The Artist’s Garden Book, exposé dans A Place to Call Home, le peintre a choisi un papier de riz comme support pour ses nombreux croquis de fleurs, réalisés à l’aide d’un pinceau chinois spécifique et de peinture acrylique. Sa connaissance de la botanique lui a permis de mieux saisir les couleurs vives de son jardin en mélangeant librement les influences chinoises et occidentales. Et la centaine d’expositions individuelles de M. Chan organisées ces cinquante dernières années à travers le Canada et les États-Unis sont la preuve du large répertoire de l’artiste.

«  Les expositions sont principalement des peintures à l’huile, des aquarelles, des peintures chinoises… J’aime peindre les scènes et les choses que je vois. Cela comprend des montagnes, des rivières, des campagnes, des paysages urbains, des vues de port …… et même des croquis de fleurs dans mon propre jardin », confie M. Chan.

Tinyan Chan. | Photo de l’International Arts Gallery

Deuxième maison

Et cette capacité à absorber de nouvelles inspirations et à les introduire avec autant d’aisance dans ses tableaux a fini par porter ses fruits  : «  Lorsque j’ai immigré au Canada il y a cinquante ans, en tant que peintre professionnel, j’ai d’abord dû me familiariser avec mon nouvel environnement, puis m’installer et communiquer avec la communauté artistique traditionnelle. Grâce à des décennies de travail acharné, mes œuvres ont été acceptées et collectionnées par la communauté des artistes et des collectionneurs de l’Amérique du Nord  », explique le peintre, qui considère aujourd’hui le Canada comme sa «  deuxième maison  ». En retour, le Canada a également couronné le travail et la créativité de M. Chan quand, en avril 2011, le comité d’honneur de la Société des artistes canadiens lui a décerné son Lifetime Achievement Award pour l’ensemble de ses réalisations. M. Chan reste à ce jour le seul artiste d’origine asiatique à avoir reçu ce prix prestigieux. Le peintre s’est également investi pour la communauté en mettant son art à profit depuis dix-huit ans pour l’hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique qui sélectionne chaque année une de ses peintures comme illustration de ses «  cartes de Noël  » dans le but de lever des fonds et d’apporter un peu de couleurs dans chaque maison.

A Place to Call Home à l’IAG, au rez-de-chaussée du 555 Howe St. Pour plus d’information, consulter www.iagbc.com/a-place-to-call-home-homepage ou téléphoner au (604) 688 1161.

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