L’aventure linguistique et artistique de Daniel Viragh

Poète et chanteur, Daniel Viragh est un créateur canadien polyglotte. Rencontre avec ce participant du programme Pacifique en chanson.

Originaire de Montréal, Daniel Viragh s’est installé à Vancouver il y a six ans. Né à Budapest, arrivé au Canada à l’âge de cinq ans, l’artiste est un Canadien pur jus : « En Hongrie, je me suis rendu compte que j’étais vraiment canadien. Je me disais “peut-être que je suis hongrois”. Au Québec, on se dit que la France, c’est comme nous mais non, on est francophones, on n’est pas français. »

Photo de Daniel Viragh

Après avoir étudié la littérature et l’histoire à l’Université McGill, Daniel Viragh s’envole pour la Californie et décroche un doctorat d’histoire à l’Université de Berkeley, avant de poser ses valises à Vancouver : « Je ne voulais pas retourner à Montréal parce qu’on ne peut pas vraiment retourner de là où on est parti. Toronto était une ville trop grande. Je voulais rester sur la côte Ouest et revenir au Canada. »

Daniel Viragh, auteur de quatre ouvrages de poésie en anglais et un en cours en français, dont la sortie est prévue dans deux mois, a toujours aimé écrire : « Je ne pensais pas que je voulais être poète, je voulais être historien. Enfant, je lisais beaucoup. Je suis d’origine juive donc les livres, c’est très important. Mon éducation a été très religieuse et orthodoxe. »

Installé dans le bilinguisme

Le multilinguisme est naturel pour Daniel Viragh, polyglotte aguerri parlant anglais, français, hongrois et lisant l’hébreu : « J’enseigne le français et l’anglais. C’est intéressant pour moi d’écrire en français et de vivre à Vancouver. C’est le fun comme on dit au Québec ! À Montréal, j’étais entouré d’anglophones, j’ai fait toute ma scolarité là-bas en français jusqu’au secondaire et là, c’est un peu comme le revers d’une même pièce. Tout est anglais, à part le CSF et mes activités artistiques. La vie nous joue parfois des tours. »

Cette alternance linguistique se découpe en tronçons distincts pour le poète :

« J’ai des journées francophones et j’ai des journées anglophones. » Cependant, cette cohabitation linguistique reste fascinante pour Daniel Viragh : « Ma langue émotive, c’est plutôt l’anglais mais là, ça sort aussi en français. C’est incroyable, quand toute ta vie, la voix dans ta tête était en anglais et d’un coup, ça change. C’est comme devenir une personne différente. »

L’aventure Pacifique en chanson

Le programme se déroule en quatre volets avec un travail d’écriture avec Isabelle Longnus, du coaching vocal (composition et mélodie) avec Yanik Giroux, directeur artistique et Steven Charles, directeur musical, puis une résidence artistique en octobre et enfin, un enregistrement vidéo pour le tremplin Chant’Ouest pour les artistes francophones de l’Ouest et du Nord canadiens.

« Je suis content que ce ne soit pas un concours, c’est du stress et si on est tous artistes, pourquoi promouvoir l’un contre l’autre ? C’est mieux comme ça. C’est l’expérience qui compte pour moi, c’est faire partie d’une communauté artistique minoritaire », explique Daniel Viragh.

L’auditoire lui est tout aussi important : « C’est l’expérience qu’on donne à ceux qui veulent venir écouter. J’aime donner une expérience intime. » Influencé par Léonard Cohen ou encore Okot p’Bitek pour l’écriture, et Prévert et Brel pour la chanson, il aime l’image du chanteur, uniquement accompagné par sa guitare qui livre quelque chose de spirituel, « qui touche les âmes ».

Les conseils auxartistes en herbe

Pour Daniel Viragh, « il faut une franchise envers soi et envers le monde. Il faut du culot, les gens vont dire beaucoup de choses. Au début, c’est dur parce qu’il y a les parents, la pression sociale. Il faut un courage, une estime de soi. Il faut lire aussi. »

Mais pour autant, le poète insiste qu’il faut se détacher des attentes académiques et lire pour soi-même, pour s’épanouir. Il rappelle que le processus requiert du temps : « Ça prend du temps de trouver sa voie en tant qu’artiste. Il faut avoir de la patience. Faire un peu de méditation. Puis il faut dire ce qu’on a à dire. Les gens vont critiquer, essayer de changer des phrases mais il faut dire ce qu’on a à dire parce que je suis artiste. Il faut travailler sur soi et voir ce qu’il y a à l’intérieur. »

Content et touché par cette chance de participer à Pacifique en chanson, Daniel Viragh s’estime reconnaissant « parce que ce sont des fonds publics. C’est le public qui nous donne cette occasion, donc il faut qu’on soit les meilleurs artistes. On essaie d’être authentique et honnête. »

Pour plus d’informations veuillez visiter :

www.ccafcb.com/pacifique-en-chanson

www.danviragh.com

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