Pris sur le VIFF : La sélection francophone du festival de films


Photo de VIFF

Cette année, la sélection francophone du Vancouver International Film Festival (VIFF) s’annonce très riche et hétéroclite et ravira tous les amateurs de salles obscures avec une grande variété de genres : des films primés aux pépites documentaires en passant par des thrillers haletants.

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Le VIFF aura lieu du 29 septembre au 9 octobre.

Sélection cannoise et habitués du VIFF

La programmation du festival met à l’honneur les lauréats cannois. Le retentissant Rodéo de Lola Quivoron, primé dans la catégorie « Un certain regard » au festival de Cannes, suit Julia (Julie Ledru), une solitaire féroce qui démontre sa nature prédatrice en escroquant un vendeur malchanceux de sa moto.

On retrouve également L’Envol de Pietro Marcello. Basé sur le roman russe Scarlet Sails (Voiles) d’Alexander Grin et présenté à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes en 2022, ce récit d’époque romantique sur le passage à l’âge adulte suit le parcours d’une jeune femme ostracisée par son petit village français. Enchanteur et lyrique, L’Envol est imprégné d’une bonne dose de réalisme de l’après-guerre.

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Du côté des réguliers, François Ozon présente Peter Von Kant, une version complètement cinématographique et inversée du film Les Larmes amères de Petra von Kant de Rainer Werner Fassbinder. Denis Ménochet joue le rôle de Peter, un réalisateur de films à succès – qui n’est pas par hasard le portrait craché de Fassbinder – qui tombe amoureux d’Amir (Khalil Gharbia), un jeune homme de 22 ans, et qui subit le coup de foudre ultime lorsque Amir, devenu un acteur à succès, le laisse tomber.

Patrice Leconte propose une élégante adaptation de Maigret avec Gérard Depardieu en détective au charisme naturel et à la mélancolie propre au personnage. Le scénariste et réalisateur situe l’histoire dans un Paris de 1953 qui se remet à peine de la Seconde Guerre mondiale, contrastant l’atmosphère sombre des gens ordinaires de la ville avec l’opulence étincelante des mondains et aristocrates glamour, créant ainsi une version réfléchie – mais excitante – du roman policier classique.

Comédies, thrillers et amours adolescentes

Fumer fait tousser de Quentin Dupieux réunit du beau monde (Gilles Lellouche, Adèle Exarchopoulos, Alain Chabat ou encore Vincent Lacoste pour ne citer qu’eux) autour de membres super-héroïques et fumeurs invétérés de la Tobacco Force qui doivent se soumettre à une semaine de formation d’équipe dans un bunker isolé. Un must pour les amateurs de spandex.

Plus versé dans la satire, Tourment sur les îles d’Albert Serra campe un Benoît Magimel Haut Commissaire de la Polynésie française, qui a un problème sur les bras : les Marines français sont arrivés sur les îles, et leur présence coïncide avec des rumeurs selon lesquelles des essais nucléaires vont bientôt commencer.

Les sueurs froides sont au rendez-vous avec As Bestas (Les Bêtes) de Rodrigo Sorogoyen. As Bestas, sélectionné au Festival de Cannes, campe un thriller rural dans la campagne galicienne, avec une saisissante Marina Foïs.

Toujours dans une atmosphère sombre et mystérieuse, Claire Denis s’aventure avec Stars at Noon sur le terrain de Graham Greene – espionnage et affaires louches sous les tropiques en actualisant le roman de Denis Johnson sur le Nicaragua, de la Révolution à nos jours.

Dans un style plus léger, Charlotte Le Bon fait ses débuts au VIFF avec Falcon Lake. La participante de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2002 présente un film sur les premiers béguins, les cœurs brisés et les pertes. Close de Lukas Dhont capture l’enfance de Léo et Rémi avec une vision douce de la jeunesse et de l’innocence, explorant la nature fragile de l’amitié et de la masculinité dans un tour de force lyrique.

Les films engagés et documentaires

One Fine Morning de Mia Hansen-Løve suit Sandra (Léa Seydoux) qui parvient à peine à subvenir à ses besoins et à ceux de sa fille de huit ans, Linn, en tant que traductrice indépendante. Alors que son père Georg (Pascal Greggory) continue de perdre la vue et la mémoire à cause du syndrome de Benson, Sandra doit naviguer dans le système labyrinthique des maisons de retraite nationales, avec toutes leurs charges financières et leurs cauchemars logistiques.

La Montagne, écrit et réalisé par Thomas Salvador, célèbre le grand amour des sommets de Pierre, ingénieur en robotique. Après avoir participé à une conférence commerciale à Chamonix, il se fait porter pâle, achète du matériel d’escalade et part dans les Alpes. C’est un tournant fatidique et irrationnel. Paris, le travail, la famille, tout cela n’a plus d’importance. La seule chose qui lui parle, c’est la montagne.

Du côté des documentaires, À vendredi, Robinson du réalisateur Mitra Farahani revient sur la correspondance entre Jean-Luc Godard et Ebrahim Golestan, entre contemplations poétiques, énigmes critiques et révérence mutuelle, réflexion sur l’artiste du 21e siècle.

Après le succès de Bosch : Le jardin des rêves, José Luis López-Linares a invité le grand scénariste, romancier, et réalisateur français Jean-Claude Carrière à étudier l’œuvre du grand artiste espagnol du XVIIIe siècle, Francisco Goya avec Goya, Carrière et le fantôme de Buñuel.

Enfin, De Humani Corporis Fabrica de Véréna Paravel et Lucien Castaing-Taylor dresse le portrait du système de santé humain. Ce projet de film ethnographique atteint les profondeurs invisibles des corps humains et de l’infrastructure de soins de santé qui se bat pour les maintenir.

Le VIFF fera le bonheur des cinéphiles francophones et francophiles avec cette sélection d’actualité et de qualité.

Pour plus d’informations : www.viff.org

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