Hamideh Abol ou la quête résolue d’une appartenance très nomade

L’exposition Where is home? fait à la fois voyager et réfléchir sur la notion d’identité et d’appartenance. Les oeuvres d’Hamideh Abol sont à découvrir à la Place des Arts de Maillardville à Coquitlam jusqu’au 27 mai.

Née à Téhéran en Iran, Hamideh Abol a émigré au Canada en 2006. Après des études à l’université Emily Carr, elle part vivre en Europe en 2013. Elle obtient une maîtrise de modélisme à Milan et travaille pour de grandes maisons de haute-couture en France.

Tout d’abord intéressée par les techniques, elle se dirige vers l’art textile en suivant quelques cours en Italie. « Beaucoup de choses que je voulais faire nécessitaient une bonne connaissance du corps humain et de modélisation 3D », explique la créatrice.

Hamideh Abol a ensuite poursuivi son aventure dans le monde de la mode dans l’Hexagone où ses débuts avec le collage se sont faits presque par hasard. Paradoxalement, c’est au moment où elle fait l’expérience d’une grande solitude qu’elle va se révéler à elle-même.

« Hamideh Abol a découvert que tout était fait à la main et avec soin ainsi
que la prédominance du papier dans le métier ». | Photo d’Hamideh Abol

Le papier, creuset de l’art d’Hamideh
Alors qu’elle vivait dans un studio de 12 m2 à Paris et se sentait assez seule à son arrivée, elle a fait une découverte qui va changer sa vision du monde et profondément influencer son art.

« Il y avait un canapé, pas beaucoup de meubles. Il y avait des grosses boîtes de rangement sous le canapé. Un jour, j’ai découvert que le canapé était fait de centaines de vieux magazines. Les images étaient fantastiques ! J’ai passé pas mal de temps à regarder ces images », partage-t-elle.

L’artiste explique qu’à son arrivée en France, elle manquait de matériaux et d’espace de rangement.

Et d’ajouter : « J’avais arraché quelques pages de magazine en me disant que les propriétaires de ce drôle de canapé n’auraient sans doute plus besoin d’eux. J’avais un peu de papier et c’est comme ça que tout a commencé ».

En travaillant pour la maison de couture Givenchy à Paris, elle a découvert que tout était fait à la main et avec soin, ainsi que la prédominance du papier dans le métier.

« En tant que modéliste, en France et en Italie, on utilise beaucoup de papier pour concrétiser les concepts et créer des patrons. Finalement, j’ai commencé à combiner les deux » continue-t-elle.

Le sentiment d’appartenance et d’identité
Hamideh Abol a partagé sa vie entre différents pays et différentes cultures et se sent forte et riche de ces expériences.

L’artiste met la dernière main
à son oeuvre. | Photo d’Hamideh Abol

« Les thèmes de l’identité et de l’appartenance me fascinent. Vous êtes toujours la même personne qui vit des expériences différentes et qui tissent différents liens », explique l’artiste. « Tout votre être évolue parce que vous prenez un morceau de chaque culture à laquelle vous avez été exposé, jusqu’au point de ne plus vraiment définir votre nationalité. Partout où j’ai vécu, j’ai des amis proches et du coup, partout où je vais, j’ai l’impression que je suis chez moi. Je n’ai jamais vraiment su quel mot utiliser pour se désigner quand on migre. On devient un citoyen du monde ».

Ainsi, le collage est pour elle un art qui lui sied, représentant tout ce qu’elle a traversé :

« Les images joyeuses et les images tristes pêle-mêle, un peu d’iranien, de canadien, de français. On a l’impression qu’on attache toutes ces images ensemble, qu’on fait un collage pour se définir. »

Sensible au changement climatique, au développement durable et aux pratiques du zéro déchet, Hamideh Abol utilise la méthode du collage mais fait également de « l’art-à-porter » afin de protéger la planète tout en rendant l’art accessible à tous. Son exposition Where is home? restitue une vie et une personnalité riche, une véritable mosaïque vivante.

« Je suis toujours dans ce processus de faire de l’art que les gens et moi-même puissions porter. C’est toute une philosophie : recycler avec le collage et faire du zéro déchet avec l’art-à-porter. Ce sont des éléments très importants de ma vie », conclut Hamideh Abol.

Plus de renseignements sur l’exposition Where is my home? à visiter en personne pour admirer les textures (sur rendez-vous) : www.placedesarts.ca/events/hamideh-abol-where-is-home

Instagram de Hamideh Abol : www.instagram.com/hamidehabol

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